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Leslie, Vincent et Gwenda (témoignage Bolzaneto) [fr]
by _ Sunday, Sep. 02, 2001 at 3:43 PM mail:

Bolzaneto témoins


Leslie, Vincent et Gwendal dont le seul crime est d'avoir insisté pour
accompagner Leslie en état de choc, après le matraquage de la Piazza Manin,
ont été envoyé dans un centre de détention, dans une caserne réquisitionnée
pour l'occasion dans la balieue de Gênes à Bolzaneto. Ils y ont été mené
séparement.
Ils ont été mis dans des cellules sans bancs. Ils devaient garder la tête
contre le mur, paumes à côté des tempes, jambes écartées à cinquantes
centimètres du mur, interdiction de fermer les yeux. Pas moyen de voir un
medecin. Quand Leslie a demandé de l'aide au medecin du centre, le type lui
a dit « quand tu seras en train de gerber partout et que tu verras plus que des
etoiles, alors on verra peut être ». Quand les coups étaient trop violents, les
médecins se précipitaient pour amener des glacons et éviter que ça enfle.
Pas moyen de voir un avocat. Quand Vincent en a demandé un, ils l'ont
frappé dans le ventre, rigolards, en lui disant « voilà ton avocat ». Dans la
cellule de Leslie, les filles ont eu le droit de s'assoir. Les garçons ont été
battu régulierement, toutes les 2-3 minutes selon l'humeur des policiers
passant dans le coin. On leur avait enlevé leur montre. On ne leur a jamais
dit combien de temps ils seraient detenus. Ils ont tous entendus les cris de
ceux que l'on battaient à l'étage du dessus. On leur faisait comprendre qu'ils
allaient y passer. Chacun a été fiché dans les règles de l'art.
Sur cette base commune, les histoires diffèrent. Leslie était dans une
cellule de filles exclusivement, et elles ont reussi à se soutenir. Elle a
sympathisé avec une allemande qui avait le bras cassé avec l'os sorti
nécessitant une opération d'urgence. Une des filles, malade, a vomi dans la
cellule, les flics se sont pointé, se sont fait passer le mot et ont rigolé. Il lui
ont fait nettoyer. Les flics ont essayé de lui faire signer une deposition, alors
qu'elle n'avait rien declaré. La deposition etait en italien. Elle a pu refuser ce
que n'ont pu faire Vincent ou Gwendal, sous la menace permanente des
coups. Pour Gwendal, il lui ont dit « si tu signes ça, dans 20 minutes tu es
libre ».
Il y avait plus de monde dans les cellules des garcons, une quinzaine, 4 par
mur. Vincent a été litteralement torturé. Ils prenaient sa tête et la cognait
contre le mur à l'endroit de ses hématomes. Un type lui a contorsionné le
bras pendant deux heures avec une sangle, en le promenant dans les étages.
Il tordait le bras en cherchant la douleur et des qu'il criait il se prenait une
baffe et le type lui disait « tais toi. ». Ils l'ont sorti de la cellule et dans la
traversee du couloir ils s'est fait taper systematiquement par les types. Le
moment le plus dur a été quand ils ont été prendre les empreintes digitales.
Le type lui tordait le bras violemment et lui disait en francais « je vais te
faire souffrir, tu es la pour souffrir, etc". Il arrêtait pas de lui répéter ca. Une
fois les relevés d'empreintes effectués, il l'a emmene au premier etage où se
trouvait une salle remplie d'agents et il lui a fait faire le tour de toute la salle
en disant "voici un personnage important". Il se frayait un passage au milieu
des mecs qui le tapaient. Il lui ont fait signer la feuille disant qu'il avait
quitté le centre à 21 heures 30 (et qu'il avait pas à se plaindre). Il a demandé
ses papiers et ils ont refusé de les lui rendre, même la carte bleue et le
chéquier. Ensuite ils l'ont raccompagné à la sortie avec 2 mecs en le
brutalisant. A la sortie, ça ressemble à une zone industrielle avec des
bretelles d'autoroutes, ils lui ont indiqué la mauvaise direction pour
retourner a Gênes. En marchant il est retombé sur une bagnole de flics qui a
voulu l'arrêter à nouveau mais quand il a dit qu'il venait de la centrale, ils
l'ont laissé partir. Ensuite, il a pu prendre un bus. Mais ce bus s'est fait
arrêter et a été ramené par la police jusqu'à la centrale. Ils triaient les gens
du bus entre ceux qu'ils laissaient partir et ceux qu'ils coffraient. Il s'est
alors adressé à un policier qui lui semblait un peu moins agressif que les
autres en lui disant qu'il en pouvait plus. Le type lui a dit « barre toi ». Il est
rentré grâce à des mecs du GSF qui faisaient l'assistance medicale et qui
l'ont pris sur la route.
Quand Gwendal est arrivé dans la pièce, il a été placé dans un endroit qui
lui permettait de voir Vincent du coin de l'oeil, adossé contre le mur. Mais
dès qu'il tournait un peu la tête, il avait droit à une baffe en lui disant de
regarder de nouveau le mur. A côté, un type au look punk avait les mains
liés dans le dos avec un collier de plomberie. Il ne sentait plus ses mains,
tant la pression était forte. Quand il a demandé à ce qu'on lui détache les
mains, il a été véritablement torturé. Des flics venaient régulièrement
resserer les liens. La douleur était telle qu'il ne pouvait plus parler, et il a
même fini par tomber par terre, n'étant plus adossé au mur que par son
crâne. Un des jeux des tortionnaires consistait à le tirer en arrière et à le
laisser retomber contre le mur. Pour Gwendal, les flics lui empoignait la
nuque et le présentaient à leurs collègues en lui demandant de répéter une
phrase en italien, du style « Viva el duce » (les autres phrases étaient moins
compréhensibles). Et quand il répondait qu'il était français et qu'il ne
comprenait pas, il avait le droit à des coups au visage. Une autre technique
consistait à venir sur le côté pour l'insulter à l'oreille et lui assener des
crochets dans le ventre. Pour les traversées de couloirs, il a connu le même
régime que Vincent, sans avoir de sangle autour du bras. Les flics qui
passaient alors dans le couloir, donnaient des coups en passant.
Au moment de la signature des papiers, le motif d'arrestation était : 'pas de motifs'.
Une fois lâché de la centrale, un peu avant quatre heures du matin, il a dû
faire du stop pour regagner Gênes. Il est tombé sur un ancien carabinieri
devenu pacifiste... Il l'a déposé près d'un arrêt de bus permettant de
rejoindre facilement le stade de Sciorba. Arrivée environ à cinq heures du matin.

Aarrg !! (Gwendal et Leslie)


from: http://www.aarrg.org/index2.html

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